Communiqué : Journée internationale de lutte contre les LGBTIphobies

Chaque 17 mai, la diversité des orientations sexuelles et des identités de genre est rappelée lors de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie (IDAHOT). Cette date commémore la décision de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en 1990, de retirer l’homosexualité de la liste des maladies mentales. Elle donne lieu à de nombreuses actions de sensibilisation du public aux discriminations envers les personnes lesbiennes, gaies, bies, transgenres et intersexes.

Année après année, et sans surprise, nous constatons la persistance des LGBTIphobies. Elles sont ancrées dans chaque aspect du quotidien et fragilisent durablement le bien-être et la qualité de vie des personnes concernées.

Nous avons bien acquis le mariage pour les personnes de même genre, mais nous avons aussi conservé jusqu’à aujourd’hui les insultes et les coups – sans en avoir jamais fait la demande.

Depuis 2018, les violences visant les femmes lesbiennes et bisexuelles se sont accrues. Aux yeux de ceux qui les haïssent, elles commettent la double faute d’être des femmes et d’aimer les femmes. Elles osent revendiquer le droit d’accéder à la Procréation Médicalement Assistée, tout comme les femmes célibataires et les hommes transgenres. Le débat est ouvert publiquement depuis 2013 et s’éternise. Il est grand temps de mettre à jour le cadre de bioéthique en permettant à toutes les personnes ayant un utérus de disposer de la PMA sans discrimination, dans les mêmes conditions que les couples hétérosexuels, avec une filiation automatique pour tous les couples. De même, l’ouverture de la conservation de gamètes aux femmes lesbiennes, bisexuelles et aux personnes transgenres est une étape indispensable vers l’égalité de traitement.

Les couples lesbiens, les couples incluant une personne transgenre et les femmes célibataires doivent pouvoir accéder à la parentalité. Iels ne sont pas plus ou moins compétent·e·s que les couples hétérosexuels ou que les parents séparés pour élever des enfants.

Aussi important dans nos vies que le champ familial, le champ de l’emploi est un bon miroir de l’intégration des personnes LGBTI, ou plutôt de leur intégration difficile. Combien de salarié·e·s en couple homosexuel taisent leur week-end durant le café du lundi matin quand tous leurs collègues sont libres de raconter le leur ? Combien de ces salarié·e·s s’inventent un·e conjoint·e du genre opposé pour s’intégrer ? Parmi celleux qui choisissent de ne pas se taire, combien font l’objet de discriminations ?

Les personnes transgenres en particulier sont violemment exposées aux discriminations dans le milieu du travail. Peu d’entre elles peuvent effectuer une transition en conservant leur emploi. Bien trop souvent, l’accès à l’emploi leur est impossible car iels ne franchissent pas le seuil de l’entretien d’embauche.

Face à la persistance de ces discriminations, nous réclamons que les différentes sexualités, sexes et identités de genre soient intégrées aux formations initiales et continues, en particulier dans l’enseignement, la santé, l’administration ou les forces de l’ordre.

Peut-être connaissez-vous quelqu’un·e dans une de ces situations. Un·e collègue, votre frère, votre mère, un·e cousin·e, un·e ami·e… Tou·te·s ont besoin de soutien dans leurs démarches et d’allié·e·s pour l’obtention de leurs droits.. Agir pour réduire les LGBTIphobies c’est être aux côtés des personnes discriminées, c’est se faire témoin et relais de la lutte des personnes directement concernées. C’est un combat que toute personne qui dit nous soutenir peut mener à nos côtés.

Nous sommes fatigué·e·s et fragilisé·e·s par les violences que nous vivons au quotidien. Pourquoi serait-ce à nous seul·e·s d’agir, de nous défendre et d’occuper l’espace politique et médiatique ? Nous avons besoin de vous pour amplifier nos voix, nous avons besoin votre immunité pour nous aider à mener nos combats.

Puisque l’amélioration de nos quotidiens passe par la visibilité, nous vous prêtons l’ampli mais nous gardons le micro.


Samedi 18 mai de 10 h à 18 h, Iskis tiendra des stands d’information en compagnie d’autres associations LGBTI+ rennaises devant les escaliers des Champs Libres.

Samedi 8 juin aura lieu la 25e Marche des Fiertés LGBTI de Rennes.

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